L'amande
Broyée finement, elle donne au calisson sa texture fondante et son goût rond. Historiquement, les amandiers de Provence fournissaient la matière première.

La spécialité emblématique d'Aix-en-Provence est le calisson : une confiserie en forme de navette faite d'amandes broyées et de melon confit, posée sur un fond de pain azyme et nappée de glace royale.
Le pays d'Aix est aussi une terre d'huile d'olive, protégée par l'appellation « Huile d'olive d'Aix-en-Provence », et de truffe noire en hiver.
Tapenade, anchoïade, fougasse, petits farcis ou daube ne sont pas strictement aixois : ce sont des plats provençaux, que l'on goûte très bien à Aix.
Pour trouver ces produits, rien ne vaut les marchés et les confiseries du centre historique ; pour s'attabler ensuite, Complices vous accueille Place des Cardeurs, 7j/7, midi et soir.

Le pays d'AixUne ville de confiseurs, d'huile d'olive et de marchés : le portrait gourmand d'Aix-en-Provence.
Demandez à dix visiteurs ce qu'il faut goûter à Aix-en-Provence, et vous obtiendrez dix réponses où se mêlent bouillabaisse, socca, pan bagnat et calissons. La confusion se comprend : vu de loin, le Sud ressemble à un seul grand garde-manger ensoleillé. Pourtant, chaque ville a ses fiertés. La bouillabaisse appartient d'abord à Marseille, la socca et le pan bagnat à Nice. Aix s'est construit une identité gourmande plus discrète, mais bien réelle.
Une spécialité aixoise, au sens strict, c'est un produit né ou durablement façonné ici, dont la ville a fait un emblème. Le calisson en est l'exemple parfait : il porte le nom d'Aix jusque dans son appellation courante, le « calisson d'Aix ». À côté de lui, le pays d'Aix, ce territoire de collines, d'oliveraies et de vignes qui entoure la ville, revendique ses propres productions, à commencer par une huile d'olive reconnue par une appellation d'origine.
Il y a ensuite tout ce que l'on mange à Aix sans que ce soit propre à Aix : la grande cuisine provençale, celle de la tapenade, de l'anchoïade, de la daube ou des légumes farcis. Ces plats sont partagés par toute la Provence. Les goûter à Aix a du sens, à condition de ne pas les présenter comme des inventions locales.
Ce guide fait le tri avec une règle simple : raconter ce qui est avéré, signaler ce qui relève de la légende et situer chaque saveur à sa juste place. Une ville de confiseurs, d'huile d'olive et de marchés : c'est ce portrait gourmand d'Aix que nous vous proposons de parcourir, rue après rue, comme on raconte une histoire à table.
S'il ne fallait retenir qu'une douceur, ce serait celle-ci. Petit losange effilé, blanc nacré sur le dessus, le calisson est indissociable d'Aix-en-Provence : on le trouve dans les vitrines des confiseries du centre, dans les boîtes que l'on rapporte en souvenir et sur les tables de fête. Sa forme, que l'on compare volontiers à une amande ou à une navette, est devenue une véritable signature visuelle de la ville.
L'histoire du calisson se raconte en plusieurs versions, et il serait imprudent d'en trancher une. La plus célèbre est une légende de cour : elle rattache la confiserie au roi René, comte de Provence au XVe siècle, et à son mariage avec Jeanne de Laval. Un confiseur aurait imaginé cette douceur pour faire sourire une reine réputée peu rieuse. Le récit est charmant et souvent repris, mais il relève de la tradition orale plus que du document.
D'autres pistes font venir le calisson d'Italie, où des pâtisseries à base d'amande portent des noms proches, ou le rattachent plus largement aux confiseries d'amandes et de fruits que le bassin méditerranéen pratique depuis des siècles. Ce qui paraît plus solide, c'est l'essor de sa fabrication à Aix à l'époque moderne, porté par les amandiers qui couvraient alors la campagne provençale et par le commerce de l'amande, dont la ville était une place importante.
Une autre tradition, religieuse celle-là, reste vivante : la bénédiction des calissons, que l'on relie à un vœu prononcé par la ville lors d'une épidémie de peste au XVIIe siècle. Elle rappelle que le calisson n'est pas qu'un bonbon : c'est un morceau de mémoire collective, que les Aixois continuent de partager.
Derrière son apparente simplicité, le calisson repose sur un équilibre précis entre quatre éléments. Chacun a son rôle, et c'est leur assemblage qui fait la différence entre une confiserie quelconque et un calisson réussi.
Un bon calisson se reconnaît à sa pâte souple mais pas collante, à un parfum de fruit présent sans écraser l'amande, et à une glace nette, ni trop épaisse ni farineuse. Le format importe peu ; la fraîcheur, en revanche, compte beaucoup.
Le plus simple est de pousser la porte d'une confiserie du centre historique : plusieurs maisons, anciennes ou plus récentes, fabriquent et vendent des calissons à quelques rues du Cours Mirabeau. Prenez le temps de comparer, de demander s'ils sont faits sur place et de goûter à l'unité avant d'acheter une boîte entière.
Le calisson se savoure à température ambiante, en une ou deux bouchées, plutôt en fin de repas ou avec un café. Il se conserve quelques semaines à l'abri de l'humidité et de la chaleur, ce qui en fait un souvenir facile à rapporter. Évitez simplement de le laisser au soleil sur une terrasse : la glace royale n'aime pas l'été provençal.
Le calisson occupe tout l'espace, mais il n'est pas seul. Autour de lui gravite une famille de douceurs que l'on trouve facilement à Aix. Certaines sont associées à la ville, la plupart sont provençales au sens large : il est honnête de le préciser, et cela n'enlève rien à leur charme.
Confiseries et boulangeries du centre en proposent au fil de l'année, avec un pic d'abondance à l'approche de Noël, quand la Provence dresse sa table des treize desserts.
Petits biscuits ronds et très croquants, souvent parfumés à la fleur d'oranger et garnis d'une amande, ils sont traditionnellement rattachés à Aix et se gardent longtemps.
Melon, orange, clémentine ou cerise : la Provence confit ses fruits depuis longtemps, un savoir-faire particulièrement associé au pays d'Apt, dans le Vaucluse voisin.
Biscuits en forme de petite barque parfumés à la fleur d'oranger, rendus célèbres par Marseille ; on les trouve dans de nombreuses boulangeries de la région.
Galette briochée à l'huile d'olive et à la fleur d'oranger, elle fait partie des treize desserts de Noël et se rompt à la main plutôt qu'au couteau, selon la tradition.
Le nougat blanc au miel et aux amandes et le nougat noir, plus caramélisé, figurent eux aussi parmi les treize desserts provençaux.
Le tri est simple : si le produit porte le nom d'Aix ou y est fabriqué de longue date, on peut parler de spécialité aixoise ; sinon, parlez plutôt de douceur provençale. Les commerçants sérieux font d'ailleurs souvent la distinction d'eux-mêmes.
Côté salé, Aix ne revendique pas de plat qui lui appartienne en propre, comme Marseille sa bouillabaisse. La ville s'inscrit dans la cuisine provençale, une cuisine de soleil, d'huile d'olive, d'ail et d'herbes, que l'on retrouve sur les tables aixoises, dans les boulangeries et sur les étals.
La tapenade, purée d'olives noires, de câpres et d'anchois liée à l'huile d'olive, ouvre souvent l'apéritif sur des tranches de pain grillé. Son nom viendrait du provençal « tapeno », la câpre. L'anchoïade lui répond : une sauce d'anchois pilés avec de l'ail et de l'huile, servie avec des légumes crus à croquer.
La fougasse est le pain plat de toute la Provence, reconnaissable à ses entailles qui évoquent une feuille ou un épi. Nature, aux olives, aux lardons ou aux anchois, elle se partage à la main. Les petits farcis, tomates, courgettes rondes, oignons ou poivrons garnis d'une farce de viande et d'herbes, sont souvent associés à Nice mais se cuisinent dans toute la région dès que l'été gonfle les légumes.
La daube provençale, enfin, est le plat d'hiver par excellence : du bœuf mijoté longuement dans le vin rouge avec des aromates, parfois relevé d'un zeste d'orange. Ajoutez la ratatouille et l'aïoli, et vous tenez l'essentiel du répertoire salé que l'on goûte à Aix sans qu'il en soit natif.

Le répertoire provençalDes plats partagés par toute la Provence, que l'on goûte volontiers à Aix.
Pour comprendre ce qui parfume ces plats, lisez notre article sur les herbes de Provence en cuisine.
Ici, on touche au véritable terroir aixois. L'huile d'olive du pays d'Aix est protégée par une appellation d'origine, « Huile d'olive d'Aix-en-Provence », qui encadre une zone de production autour de la ville et des variétés locales, parmi lesquelles l'aglandau, la salonenque ou la cayanne. On lui prête souvent un fruité marqué, des notes d'herbe coupée et d'artichaut, et une légère ardence en fin de bouche.
Pour la goûter, faites comme les producteurs : une goutte sur un morceau de pain, ou mieux, sur une tomate bien mûre. Sur les marchés et dans les épiceries fines, demandez l'année de récolte et le nom du moulin ; une huile se déguste de préférence dans l'année qui suit son pressage.
La truffe noire, elle, est une affaire d'hiver. La Provence compte parmi les grandes régions productrices, et le pays d'Aix a ses chênes truffiers. Au cœur de l'hiver, elle apparaît sur certains étals et à la carte de restaurants, râpée sur des œufs, des pâtes ou une purée. Hors saison, méfiez-vous des arômes de synthèse : une vraie truffe se vend fraîche, à sa saison.

Les marchés sont la meilleure porte d'entrée vers les spécialités d'Aix. Le marché alimentaire de la Place Richelme se tient chaque matin, et le grand marché investit plusieurs places du centre les mardis, jeudis et samedis. C'est là que l'on rencontre les producteurs, que l'on goûte une huile avant de l'acheter et que l'on comprend ce qui pousse réellement autour de la ville.
Un conseil : posez des questions. D'où vient cette huile ? Ces olives sont-elles du coin ? Les bons marchands aiment parler de leurs produits, et c'est la façon la plus sûre de distinguer le local du simplement « provençal ».

Olives, huiles du pays d'Aix, tapenades, fromages de chèvre, miels de garrigue, fruits confits et, en hiver, truffes : les étals du centre historique concentrent en quelques mètres carrés tout ce que ce guide raconte.
Calendrier, places et conseils pratiques : tout est dans notre guide des jours de marché à Aix-en-Provence.

Au restaurant, les mots se mélangent volontiers. « Provençal », « méditerranéen », « du Sud », « de chez nous » : ces étiquettes ne désignent pas la même chose. Une spécialité aixoise renvoie à un produit précis de la ville ou de son pays ; un plat provençal appartient au répertoire régional ; un plat méditerranéen puise plus largement dans les cuisines qui bordent la mer, de l'Italie au Liban.
Concrètement, une daube ou une tapenade sont provençales, un calisson est aixois, une burrata ou des tacos de gambas relèvent d'une cuisine méditerranéenne contemporaine. Aucune n'est meilleure que l'autre : il s'agit simplement de savoir ce que l'on commande, et de ne pas attendre d'une table méditerranéenne qu'elle soit un musée de la cuisine aixoise.
Les mentions d'origine aident aussi à s'y retrouver : une huile « Aix-en-Provence » sous appellation ou un vin des Coteaux d'Aix-en-Provence disent précisément d'où ils viennent.
Pour aller au fond de la question, lisez notre article sur la différence entre cuisine provençale et méditerranéenne.
Après les vitrines de calissons et les étals d'olives, il reste à s'asseoir. Complices est une table méditerranéenne contemporaine, installée au 30 Place des Cardeurs, à deux pas du Cours Mirabeau, en plein centre historique. Soyons clairs : nous ne tenons pas un conservatoire des recettes aixoises. Notre cuisine est méditerranéenne, 100 % faite maison, avec une carte courte qui change au fil des saisons et puise dans les produits du Sud.
Antoine, Corentin et Arnaud, les trois amis derrière A·C·A, y racontent une cuisine de récits et de souvenirs. Les Coquillettes de notre enfance, à la truffe, à la pancetta et au parmesan, convoquent la mémoire des repas de famille. Le Soleil des Cardeurs porte le nom de la place qui nous accueille. La Galinette de Méditerranée, croustillante, salue la mer toute proche, et le Cookie indécent assume son nom jusqu'à la dernière miette.
Ce ne sont pas des spécialités aixoises traditionnelles, et nous ne les présentons pas ainsi : ce sont nos signatures, nées ici, sous les lauriers de la place, et pensées pour être partagées. Ouverte 7j/7, midi et soir, la maison est un point de chute naturel pour prolonger une journée gourmande dans le vieil Aix.

Découvrez les plats du moment sur notre carte, poussez la porte de notre restaurant à Aix-en-Provence ou composez votre journée avec nos bonnes adresses du vieil Aix.
Le calisson. Cette confiserie en forme de navette, à base d'amandes broyées et de melon confit, posée sur du pain azyme et nappée de glace royale, est l'emblème gourmand de la ville. On la trouve dans les confiseries du centre historique.
Ses origines sont débattues. Une légende populaire le rattache au mariage du roi René au XVe siècle, d'autres pistes évoquent une origine italienne ou plus largement méditerranéenne. Ce qui est établi, c'est qu'Aix en a fait sa spécialité et en a développé la fabrication à l'époque moderne.
Des calissons, bien sûr, mais aussi une huile d'olive sous appellation « Huile d'olive d'Aix-en-Provence », des biscotins, des fruits confits, une tapenade ou des herbes de Provence. Pour le calisson et l'huile, privilégiez les productions locales et demandez l'origine.
Les plats provençaux : tapenade, anchoïade, fougasse, petits farcis, daube, ratatouille ou aïoli. Ils ne sont pas strictement aixois mais appartiennent à la cuisine provençale, que l'on goûte très bien à Aix. En hiver, guettez aussi la truffe noire.
Sur les marchés du centre historique, avec le marché alimentaire quotidien de la Place Richelme et le grand marché des mardis, jeudis et samedis, ainsi que dans les confiseries, épiceries fines et moulins du pays d'Aix.
Une spécialité aixoise est propre à Aix ou à son pays, comme le calisson ou l'huile d'olive d'Aix-en-Provence. Une spécialité provençale, comme la daube ou la tapenade, est partagée par toute la région : on la goûte à Aix sans qu'elle y soit née.
Après la balade gourmande, prenez place Place des Cardeurs, 7j/7 midi et soir : une table méditerranéenne faite maison, à deux pas des confiseries et des marchés du vieil Aix.